En terrain de connaissance
Par les temps qui courent, on aimerait bien ne parler que du soleil qui joue à cache-cache avec les nuages au-dessus de la pointe de Saint-Pierre. Mais le baromètre de nos émotions, lui, est à la baisse : le ciel s'est assombri avec le départ de figures qui étaient autant d'amers pour notre jeunesse.
À Penmarc'h, s'il est une institution qui fait battre le cœur de la commune bien au-delà du simple résultat dominical, ce sont les Cormorans Sportifs. Ce n'est pas qu'une affaire de ballon rond, c'est une école de la vie, un condensé de notre identité où l'on apprend que l'effort collectif est la seule potion magique pour ne pas sombrer face aux courants contraires.
Évoquer les Cormorans sans parler de Pierre Boënnec, ce serait comme imaginer Saint-Guénolé sans ses rochers. "Tonton Henri", dont nous avons déjà retracé la force légendaire, aurait été fier de cette lignée. Pierre, c'était le caractère, la volonté faite homme, de ceux qui ont tracé leur route pour atteindre les sommets sans jamais oublier d'où ils venaient.
Et que dire de Jean-Pierre Le Brun ? Un autre pilier de cette famille jaune et noir, un homme de conviction qui savait que dans une société solidaire, le bénévolat est une espèce à protéger coûte que coûte.
"Ils nous rappellent ce temps où le sport amateur n'était pas encore pollué par les traders du football professionnel qui achètent les joueurs comme à la foire aux bestiaux."
Vlan ! Le coup de sifflet final a retenti pour eux, mais pour nous, ils restent des "passeurs de mémoire". Leurs vies n'étaient pas des fictions de télé-réalité, mais de sacrées belles vies, ancrées dans le granit et les embruns.
Espérons que la relève saura garder cette flamme, car au-delà des trophées, c'est cette solidarité humaine qui reste notre plus belle valeur sûre.