
Hyacinthe Moguérou :
Une vie d'engagement
Dans la galerie des portraits des Cormorans, Hyacinthe Moguérou occupe une place de choix. Son parcours, marqué par les épreuves de la guerre et un engagement sans faille pour sa commune, en fait une figure tutélaire du club.
L'Héritier de l'Hôtellerie Penmarc'haise
Né en 1897, Hyacinthe Moguérou grandit dans l'atmosphère effervescente du tourisme naissant à la pointe du Finistère. Il est le fils du « premier » Hyacinthe Moguérou (1867-1946), pionnier de l'hôtellerie locale.
Il reprend le flambeau familial en dirigeant l'Hôtel Moguérou, situé rue Lucien Le Lay à Saint-Guénolé. Sous sa direction, l'établissement demeure un véritable poumon social de la commune, un lieu de rencontres et d'échanges, ancré dans la vie quotidienne du port.

Le Résistant : L'Ombre et la Lumière
La Seconde Guerre mondiale révèle le courage de l'homme. Loin de rester passif, Hyacinthe s'engage dans la Résistance au sein du réseau Vengeance. Il participe activement aux filières d'évasion, cachant notamment des aviateurs alliés.
Son engagement lui coûtera cher. Le 21 février 1944, la Gestapo l'arrête au cœur même de son hôtel. Déporté en Allemagne, il subit l'enfer des camps de concentration. Il survit à cette épreuve et regagne Penmarc'h le 24 mai 1945, marqué physiquement mais moralement intact.
19 Ans à la Tête des Cormorans (1946-1965)
C'est peut-être là que sa force de caractère est la plus impressionnante. Moins d'un an après son retour de déportation, alors qu'il a besoin de se reconstruire, il choisit de se mettre au service de la jeunesse et du sport.
Le 13 avril 1946, il accepte la présidence des Cormorans Sportifs de Penmarc'h, succédant au mandat historique de Jean de Cadenet. Il prend les rênes d'un club qui, comme le reste du pays, doit se relever de la guerre.
Pendant 19 ans, Hyacinthe Moguérou va incarner l'âme du club. Il accompagne la structuration de l'association, vit les dimanches de ferveur au stade et consolide la place du football dans la vie sociale de Penmarc'h.
Il ne passera la main qu'en 1965, un an avant son décès, transmettant le flambeau à Eugène Jacob.
Héritage
Hyacinthe Moguérou s'éteint en 1966. Son fils, Claude, poursuivra l'aventure hôtelière familiale. Aujourd'hui, on retient de lui l'image d'un homme qui a su traverser les tempêtes de l'Histoire pour mieux servir sa communauté, faisant du sport un vecteur de reconstruction et de lien social.