Marcel Lazard, portrait d'archive

Marcel Lazard

La cheville ouvrière et l'âme discrète des Cormorans

Il suffit parfois d'une simple question lancée au hasard des réseaux, comme une bouteille à la mer, pour réveiller les fantômes bienveillants de notre passé. "Quelqu'un se souvient-il de Marcel Lazard ?" s'interrogeait récemment un internaute. En plongeant dans nos précieuses archives, les licences cartonnées aux bords usés et tamponnées par la Ligue de l'Ouest ont refait surface. Elles racontent, année après année, l'histoire d'un de ces hommes de l'ombre sans qui le football amateur n'existerait tout simplement pas.

Né le 6 août 1930 à Penmarc'h, Marcel avait ce visage franc des gens de la côte. Sur sa photographie de licence du milieu des années 80, avec cette indéboulonnable casquette de marin vissée sur la tête, le regard doux et le sourire esquissé, il incarne l'authenticité locale. Marcel n'était peut-être pas celui qui faisait trembler les filets le dimanche après-midi, sous les vivats de la foule, mais il était de ceux, essentiels, qui s'assuraient que la boutique tourne.

Les documents racontent une fidélité à toute épreuve, gravée à l'encre bleue au fil des décennies. D'abord Trésorier-Adjoint lors de la saison 1976-1977, alors qu'il résidait sur la Route du Phare, il prend rapidement de nouvelles responsabilités. Dès la saison 1979-1980, bien avant les dates que la mémoire collective avait retenues, on le retrouve Trésorier en titre. Pendant toutes les années 80, depuis son nouveau domicile du 384 Rue de la Marine, il tiendra les cordons de la bourse des Cormorans Sportifs avec la rigueur et le dévouement qu'exige ce poste ingrat.

Véritable couteau suisse de l'administration, dirigeant infatigable et supporter de la première heure, Marcel savait s'adapter aux nécessités du moment. Ainsi, après avoir veillé sur les finances avec constance, il n'hésitera pas à endosser le rôle de Secrétaire de 1989 à 1991. Une trajectoire de serviteur exemplaire, toujours prêt à sacrifier son temps libre pour que les autres puissent jouer au ballon.

Le coup de sifflet final a retenti bien trop tôt pour lui, le 3 février 1991 à Quimper, alors qu'il n'avait que 60 ans. Trente-cinq ans plus tard, numériser et ressortir ces petits cartons verts, c'est lui rendre un hommage légitime. Sur ces pages dédiées à notre patrimoine commun, où chaque archive partagée est une petite victoire contre l'oubli, il était grand temps de remettre Marcel Lazard dans la lumière. À ces figures de l'ombre, la mémoire locale sera toujours reconnaissante.