Cela fait maintenant près de quatre décennies que son nom est indissociable des Cormorans. Jean-Pierre Le Brun a pris la barre du navire en pleine tempête financière. Après une traversée périlleuse, il a su le ramener à bon port, celui d'une sérénité retrouvée.
Retour sur un parcours hors norme.
Depuis la naissance du club, vous avez connu des sommets...
En effet, ce sont des souvenirs inoubliables. En 1962, je signe ma première licence dans la petite criée de Saint-Guénolé. C'est l'époque d'Antoine Pascual et de ses amis "Pieds-Noirs", Rodriguez et Tendéro.
Le club connaîtra ensuite une aventure inédite : une ascension fulgurante de la 1ère division de District à la 3ème division Nationale en seulement 7 ans ! Je me souviens de ce match inoubliable contre l'US Guilviniste devant 4 532 spectateurs payants. Étant marin de commerce à l'époque, il n'était pas évident d'avoir ses congés pour voir les matchs, mais la ferveur était totale.
Pourtant, malgré le public, l'argent manquait. Après la relégation en D4 puis en DH, les dirigeants s'épuisent. À la fin de la saison 82/83, alors que je venais de m'installer comme mareyeur, je suis approché pour prendre la suite. En partant à l'assemblée générale, je dis à ma femme : « Au pire, ce sera pour un court intérim d'une saison... ». 39 ans plus tard, j'y étais encore !
1983 : Alerte Rouge sur les finances
Les finances sont en rouge quand tu deviens président :
C'est le début d'un grand chantier. À peine élu, la banque m'informe que le club est pratiquement en faillite, voire au dépôt de bilan. C'est la douche froide.
Avec l'équipe dirigeante, nous avons engagé le combat. Fort de notre terrain de Keryet (aujourd'hui Stade Pierre Boënnec), nous l'avons mis en caution pour emprunter. Ce redressement a duré 20 ans.
Je n'oublierai jamais l'entraîneur qui, durant 5 saisons, a fait don de ses indemnités pour sauver le club. Finalement, lors de la saison 2002/2003, après un 8ème tour de Coupe de France, le club a enfin retrouvé son autonomie financière.
Quel regard portez-vous sur les Cormorans d'aujourd'hui ?
Aujourd'hui, les Cormorans vivent sereinement, libérés de ce fardeau. Les ambitions sont mesurées et responsables. Nous privilégions la formation et l'ouverture, notamment avec la section féminine. Avec près de 250 licenciés, le club est une institution vivante au Pays Bigouden.
Juillet 2022 : La fin d'une ère
Parce que nul ne peut rester "Président à vie" et souhaitant se consacrer à sa famille, "JP" a transmis le flambeau après une extraordinaire série de 39 ans. Il l'a fait avec discrétion et bienveillance, confiant à d'autres le soin des nuits trop courtes et des soucis d'intendance.
Désormais Président d'honneur, moins présent au quotidien (encore que...) mais toujours aussi précieux par son expérience, il poursuit inlassablement sa mission : transmettre, rassurer, encourager.
Merci Jean-Pierre.
Note du club : Jean-Pierre traverse actuellement des moments difficiles liés à sa santé. L'ensemble de la famille des Cormorans lui adresse toute son énergie et espère le revoir très vite au bord des terrains. Courage Président !