Jean Bazaine & Penmarc'h

Un peintre abstrait face à la lumière (1904 - 2001)

Je vous emmène aujourd'hui sur les traces d'un géant de l'art du XXe siècle. Venu chercher le bout du monde, le peintre Jean Bazaine a trouvé à Saint-Guénolé bien plus qu'un simple lieu de villégiature : une véritable révélation intime. Loin de ses amis parisiens – lui qui tutoyait Miro et côtoyait Giacometti – il a tissé avec le Pays Bigouden une relation de plus d'un demi-siècle.

1936 : Le « Pays des Sauvages »

Tout commence en 1936. Après avoir gagné un peu d'argent en travaillant comme grouillot pour des architectes qui préparaient l'Exposition de 1937, Bazaine achète une vieille voiture et décide, avec sa première femme, de partir le plus loin possible vers l'ouest.

Le périple dure de douze à quinze heures, probablement ponctué de quelques pannes. Lorsqu'ils arrivent enfin à Saint-Guénolé, tard le soir sur le port, les premières personnes qu'ils croisent sont des gaillards habillés d'un rouge superbe. Sa femme lui lance alors : « Sauvons-nous vite, c'est un pays de sauvages ! ». Mais le peintre insiste pour attendre le lendemain, et le matin venu, c'est l'éblouissement absolu.

L'Amour (maladroit) du Breton

Bazaine s'est tellement passionné pour ce pays qu'il a même essayé d'apprendre le breton. Voulant faire un essai, il écrit un jour une lettre dans cette langue à son marchand parisien, Louis Carré, qui, lui, le parlait couramment. La réponse de ce dernier fut savoureuse : « Je vous remercie de votre lettre, elle m'a fait grand plaisir, mais c'est la première fois qu'on m'appelle ma chérie ! ».

Un Don de Lumière : La Madeleine

En signe de gratitude pour cette terre d'accueil, Bazaine a souhaité participer à sa lumière autrement que par des tableaux. Entre 1979 et 1981, il conçoit les superbes vitraux de la chapelle de la Madeleine. Le thème, choisi en accord avec le recteur, est la Résurrection vue à travers la vie de Marie-Madeleine.