Les Mouettes d'Argent
Une Fondation Paritaire et Audacieuse
L'histoire débute en 1947. Ce qui frappe immédiatement à la lecture des archives, c'est la jeunesse des fondateurs. Le président du groupe, Michel Péron, n'avait alors que 17 ans, l'année même de son baccalauréat !
La formation était un modèle de parité avant l'heure : 12 femmes et 12 hommes, tous originaires du bourg de Penmarc'h. Parfois, lors de grands déplacements (comme ce fut le cas à La Baule), des couples d'enfants costumés venaient grossir les rangs de la troupe.

L'Appel du Large
Si l'élégance était de mise, c'est surtout le goût du voyage qui animait cette jeunesse libérée des privations de l'Occupation. Sous la surveillance stricte et bienveillante d'Alain Nicolas, qui veillait à la bonne tenue de tous, "Les Mouettes" ont enchaîné les kilomètres.
Leurs périples les ont menés à Quimper, à Rennes pour de grandes fêtes officielles, mais l'apothéose de leur jeune carrière restera sans conteste leur incursion en Belgique. À Bruxelles, les danseurs de Penmarc'h eurent l'immense honneur d'être reçus officiellement par la vieille Reine des Belges en personne !
Le Système D des Bigoudènes
Mais tout n'était pas simple. Les lendemains de guerre étaient rudes et l'argent manquait cruellement au groupe pour se fournir en étoffes et en dentelles.
Suzanne Kerouedan a confié une anecdote savoureuse sur cette époque de débrouille. Lorsqu'il manquait des coiffes pour partir en représentation, le car faisait une halte stratégique à Pont-l'Abbé, chez la célèbre Madame Le Minor. "Nous savions pleurer, racontait Suzanne. Madame Le Minor, attendrie, nous prêtait alors ce qui nous manquait !"
L'aventure des Mouettes d'Argent s'éteint finalement en 1951. La vie reprend son cours : les mariages célèbrent la fin d'une époque, d'autres quittent le pays pour travailler, et les finances finissent par s'assécher. Mais pendant quatre ans, ils auront fait souffler un vent de renouveau inoubliable sur la commune.





