Carnet de bord • Penmarc'h, circa 1905

L'Invasion de l'Irlande

Ou comment un petit crochet a vaincu la misère...

La mer est vide. À Kérity comme à Saint-Guénolé, les chaloupes rentrent à quai sans le frétillement argenté des sardines. La crise de 1902 a laissé les ventres creux et les bourses sèches. Mais sur le pas des portes, un bruit nouveau remplace le chant des filets que l'on répare : le cliquetis métallique des crochets n°0,75.

Sous l'influence des religieuses, le "Point d'Irlande" s'est propagé comme une traînée de poudre. Pourquoi ici ? Parce que les Bigoudènes ont "le geste".

Dentellières

Les voisines

Le saviez-vous ? Contrairement à la dentelle de Bayeux, la "picoteuse" du Pays Bigouden travaille sans tambour ni coussin. Son atelier ? Ses genoux. Son usine ? Le muret de pierre sèche.

📍 De Saint-Pierre à la Rue de la Paix

Le miracle est là : ces ouvrages finissent sur les robes de bal à Paris ou New York. Une robe en "Point d'Irlande" peut valoir jusqu'à 3000 francs-or ! C’est le début de l'ascension de la coiffe : plus l’argent rentre, plus la coiffe monte, fière.

Source : Les derniers brodeurs, Félix Le Garrec (1988)

"Le Picot est le point qui relie la terre à la mer."
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