C’était un vendredi vers 7 heures. Sur la grève entre la chapelle de la Joie et le phare d’Eckmühl, Messieurs Corentin Stéphan et Denis Le Floch étaient occupés à décharger une plate de goémon lorsqu’ils entendirent des détonations. Tout accaparés à leur labeur, ils n’y prêtèrent guère attention jusqu’au moment où ils furent atteints par des projectiles.
Ils observèrent alors sur les rochers deux hommes, deux touristes, qui s’amusaient à tirer sur les oiseaux de mer. Un jeu idiot ! S’apercevant de l’accident, au lieu de s'enquérir de la santé des goémoniers, les deux olibrius sautèrent dans leur automobile et s’empressèrent de déguerpir en direction de Pont-l’Abbé.
La modernité au secours des Bigoudens
L’affaire aurait pu en rester là. Cependant, Monsieur Stéphan, qui avait pris le temps de relever le numéro du véhicule, prévint le sémaphore de Saint-Pierre. Ni une ni deux, on télégraphia le numéro de l’auto à la gendarmerie de Pont-l’Abbé. Si bien que, peu après, les gendarmes mettaient la main au collet des fugitifs !
Quant aux deux blessés, Monsieur Le Floch, qui avait eu le nez traversé par les plombs, et Monsieur Stéphan, atteint en différents endroits du visage, déposèrent plainte à la gendarmerie après avoir reçu les soins d’un médecin. Ces deux « nemrods » durent, eux, en rendre raison devant un tribunal correctionnel.