Juin 1944 :
La Rafle des Ports
ZONE CÔTIÈRE INTERDITE
Alors que le canon tonne sur les plages de Normandie, le Pays Bigouden entre dans une effervescence fébrile. Mais derrière l'espoir de la Libération, l'occupant se raidit. À Penmarc'h, Saint-Guénolé et Kérity, l'atmosphère devient irrespirable sous le regard des sentinelles allemandes.
Le Réseau de Menez-Bras
Les archives du Finistère dans la Guerre révèlent que la résistance penmarc'haise n'était pas seulement faite de désobéissance, mais d'une organisation quasi-industrielle.
- L'Usine Péron : Bien plus qu'une fabrique d'iode, l'usine de Menez-Bras servait de plaque tournante pour le réseau "Vengeance". C'est ici que les plans d'évasion vers l'Angleterre étaient mis au point.
- La Rafle Sanglante : Le 21 février 1944 marque la fin de l'insouciance. La Gestapo investit le bourg et arrête les piliers de la résistance locale, dont Lucien Larnicol et Henri Péron.
- Les Figures de l'Ombre : Outre les marins, des hommes comme Thomas Donnard (futur maire) et Louis Boënnec ont coordonné les actions de sabotage et de renseignement depuis Saint-Guénolé.
La Nuit du 6 Juin à Plomeur
Dès l'annonce du Débarquement, l'ordre de mobilisation circule. Le soir du 6 juin, un contingent de résistants quitte Penmarc'h dans l'obscurité pour rejoindre le bourg de Plomeur. Ils sont venus prêter main-forte aux groupes F.T.P. locaux. L'heure n'est plus à la distribution de tracts, mais au combat de rue.

L'insouciance d'un instant avant la rafle.
L'Étau se resserre
Le 12 juin, les Allemands, nerveux, lancent une vaste opération de répression sur tout le littoral. Ce ne sont plus seulement des soldats, mais la redoutable Gestapo qui investit les quais. À Penmarc'h, on fouille les greniers à coups de baïonnettes dans les tas de filets. Les pêcheurs sont mis en joue sur leurs propres bateaux tandis que la G.A.S.T. (douane allemande) inspecte chaque cale.
Le Calvaire de Louis Berrou
Arrêté lors de cette vague de répression, Louis Berrou subit le sort des déportés "Nacht und Nebel" (Nuit et Brouillard). Son itinéraire est un calvaire : les prisons de Trèves, de Breslau, puis l'enfer du camp de Sachsenhausen-Oranienburg où il s'éteindra à l'âge de 54 ans.
Les Oubliés de la Déportation
Cette rafle ne visait pas seulement les combattants. Elle a emporté des innocents, comme le jeune Ernest Mandelbaum, réfugié juif présent sur la photo de mariage de Lucien Quideau, débusqué et envoyé vers Auschwitz. Elle a aussi frappé ceux que l'on confondait parfois avec les requis du S.T.O., alors qu'ils étaient des réfractaires de la première heure.
Sources : Témoignages de Pierre Tanneau, archives de "Notre Histoire Locale" (Bulletin n°3) et récits des familles de Léchiagat et Penmarc'h.

