Ce véritable miracle fut rendu possible grâce à la sollicitude et à la ténacité de l'association "Enfants du Monde - Droits de l'Homme" (EMDH) et de son président fondateur, le père Yves Buannic, enfant de Penmarc'h. L'opération, soutenue financièrement par l'Union européenne, avait une double vocation : offrir du rêve à ces enfants profondément éprouvés par les conflits, et alerter l'opinion publique sur la tragédie d'une population dont 13 millions d'enfants étaient alors considérés comme vulnérables.
L'émerveillement des premières fois
Nés sous l'embargo, âgés de 11 à 13 ans, ces jeunes footballeurs n'avaient connu que les privations. Issus d'écoles de sport, de quartiers très pauvres, ou de structures d'aide sociale de Bagdad, ils n'avaient, pour la plupart, jamais quitté leur pays.

Leur périple fut une épopée vers la paix : un décollage périlleux dans un petit avion vers la Jordanie, puis un vol jusqu'à Paris où ils ont pu s'émerveiller devant la Tour Eiffel, la Seine et le Louvre, avant de rejoindre l'aéroport de Quimper-Pluguffan. À leur arrivée, encadrés par cinq éducateurs et une travailleuse sociale prénommée Farah (qui signifie "la joie" en arabe), leurs sourires innocents ont déclenché les applaudissements spontanés des personnes venues les accueillir. En Bretagne, ils allaient de découverte en découverte : ils n'avaient jamais pris l'avion, jamais vu la mer, et s'extasiaient de pouvoir jouer sur la vraie pelouse d'un stade.
Le drapeau de l'espoir et l'hospitalité bigoudène
Hébergés par des familles volontaires de Penmarc'h, ces jeunes ont été reçus avec une chaleur humaine qui les a profondément marqués. Démunis de tout, ils n'avaient voyagé qu'avec une seule exigence, glissée dans leurs valises : que le drapeau irakien flotte au vent sur les mâts du stade, car il était "le seul que nous reconnaissons". Ils l'ont d'ailleurs fièrement déployé lors des rassemblements.
Durant ces quelques jours de trêve footballistique, sur la pelouse des Cormorans sportifs transformée en symbole de fraternité, ces gamins de Bagdad ont pu être, enfin, simplement des enfants. Portés par l'enthousiasme, et encouragés par la présence exceptionnelle de la légende Amou Baba (surnommé le "Zidane irakien"), ils ont incarné la quintessence du fair-play et du partage.







