Jean-Julien Lemordant
Si les fêtes des Cormorans ont eu tant d'éclat dans les années 20, c'est aussi grâce à l'aura de celui qui les présidait souvent. Jean-Julien Lemordant n'était pas qu'un peintre : c'était un héros.
Amoureux absolu de Penmarc'h, il vivait parfois dans « la cahute bâtie par l'archéologue du Chatellier sur l'un des rochers les plus sinistres de cette côte » pour capturer la fureur des éléments. Aveuglé par ses blessures de guerre en 1914, il est resté fidèle à Saint-Guénolé.
Ce lundi 13 mars 1922, au Trocadéro à Paris, l'émotion est immense. Ministres, poètes et artistes sont réunis pour honorer Lemordant. Auguste Dupouy et Charles Le Goffic prennent la parole. Le Figaro rapporte :
« Le vieux poète de la Bretagne embrassa le peintre des grèves sauvages... Il évoqua ces régions désolées de l'Artois qui devront une belle part de leur vie au calvaire d'un Lemordant. »
Le journal rappelle que c'est ici, face à cet océan, que l'artiste a puisé sa force : « C'est à Penmarc'h qu'était Lemordant, tout entier. Il nageait dans la houle à en abasourdir les marins du cru. »
C'est cet homme, célébré nationalement, qui s'asseyait simplement au milieu des marins et des footballeurs de Saint-Guénolé pour juger les costumes des Reines des Cormorans.

(1878 - 1968)
Compagnon de la Libération de la Culture Bretonne







