Le Modèle Économique (1970-1985)
Les Cormorans ont subi l'impact de cette régression économique tardivement mais brutalement. Guillaume Tanneau en mesura les effets, mais c'est Jean-Pierre Le Brun qui, en 1983, n'eut d'autre choix que d'imposer des mesures drastiques.
L'Âge d'Or : Quand la Pêche Payait le Foot
À cette époque, la pêche était une valeur sûre. Les quais regorgeaient de vie et d'argent. Les apporteurs de fonds du club étaient les patrons pêcheurs (environ 150 bateaux) et les gros mareyeurs comme Furic.
On se souvient de tournées générales payées à la mi-temps ou de patrons passant dans les vestiaires promettre de grosses primes de match. Le calendrier des supporters rapportait énormément, chaque bateau y mettant son obole.
L'Absence de Régulation
En D3 (équivalent National actuel), les clubs vivaient au-dessus de leurs moyens sans contrôle. La DNCG n'existait pas encore (elle n'arrivera qu'en 1990). On vivait les plus belles pages de l'histoire sans se soucier du lendemain, dans une insouciance financière totale.
Les Années 80 : L'Effet Ciseau
La manne financière a diminué insidieusement entre 1973 et 1985. Pas de grand plan social visible, mais une érosion silencieuse : quotas de Bruxelles, casse des bateaux (Plan Mellick), départs en retraite...
En 1985, l'enthousiasme militant était retombé. Personne ne voulait plus démarcher. Ceux qui restaient ont dû serrer la vis, souvent incompris par ceux qui regardaient de loin. Heureusement, le terrain de Keryet, propriété du club, garantissait sa survie aux yeux des banquiers.
Des Chiffres pour Comprendre
Le Choc Démographique
Parallèlement, le nombre d'associations est passé de 40 à 80, diluant les subventions et les sponsors.
L'Emploi des Jeunes & L'Exode
Le chômage des jeunes a explosé (passant de ~6% en 1970 à ~21% en 1985). Le port de Saint-Guénolé a vu sa production chuter de 80% entre 1972 et 1983.
Conséquence directe : Les jeunes sont partis pour se former ou travailler ailleurs. Le vivier de joueurs locaux s'est tari, obligeant le club à recruter à l'extérieur (coûteux) ou à s'adapter.
En 1920, l'unité était le "Port" (St Gué). En 1921, la "Ville" (Penmarc'h).
Aujourd'hui, l'unité est le "Territoire" (Sud Bigouden).
La création du Groupement Jeunes Cap Caval en 2006 (avec Plomeur) prouve que l'avenir passe par l'adaptation et le regroupement.

