Mémoire de Penmarc'h • Années 30

Le Derby de Gouer

Quand les chevaux de trait défiaient les pur-sang sur la N787

C'est un temps que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître. Avant que le football ne devienne roi, le Lundi du Pardon de Gouer (Pardon de Penmarc'h), était le théâtre d'une ferveur populaire incroyable. Grâce aux souvenirs précis de Pierre Boënnec, nous revivons cette époque où la Nationale 787 se transformait en hippodrome.

🐴 Les Géants de la Route

La course reine n'était pas celle des vélos, mais celle des chevaux de trait. Imaginez ces bêtes de labour, montées à cru sur un sac de toile de jute, lancées au galop sur les 1500 mètres séparant Gouesnach de l'entrée du bourg.

La star locale s'appelait "By". Le cheval de Pierre Morzadec (grand-père de Pierre Boënnec), monté par le marin-pêcheur Henri Pemp. Une légende locale préparée comme un athlète olympique... avec une méthode bien particulière !

La Potion Magique de Pépé Morzadec

"Le soir, veille de course, après son repas habituel, il servait à By une mixture de sa façon :

- De l'avoine de première qualité
- 12 œufs frais
- Une bouteille entière de Saint-Raphaël (Quinquina)

By l'adorait ; cela lui donnait du 'startijenn' (énergie) pour le lendemain. Dopage ? 'C'est naturel !' disait-il."

Le Choc des Mondes : 1937

La domination de "By" fut contestée en 1937 par l'arrivée d'un ovni. Alain Scuiller, charcutier à Saint-Guénolé, aligna un cheval arabe ! Un pur-sang du désert, camouflé en cheval de trait car il tirait la charrette de pâté la semaine.

LE TENANT DU TITRE

Cheval "By"
Écurie Morzadec
Atout : La puissance et le Saint-Raphaël.
VS

LE CHALLENGER

Le Pur-Sang Arabe
Écurie Scuiller
Atout : La vitesse et la légèreté.

La rivalité fut épique. En 1937, l'Arabe gagne. En 1938, Morzadec ruse en changeant de jockey pour un poids plume (55kg) et reprend le titre d'une encolure devant 2000 personnes en délire ! La guerre de 1939 et l'Occupation en 1942 mirent fin à ces joutes homériques.

⚽ Le saviez-vous ?
Ces festivités incluaient aussi des courses à pied. Dans la note de Pierre Boënnec, on retrouve, parmi les coureurs du 800 mètres, un certain Jacky Scuiller... une future légende des Cormorans Sportifs qui affûtait déjà sa pointe de vitesse sur les routes du Pardon !